BCMF du Jura

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Mon BCMF du Jura (3 juin 2018) - par Alain Crouail

Ayant déjà déclaré forfait à plusieurs reprises, c’est pour moi un immense bonheur de me trouver au départ à « Lons le Saunier » de la 21ème édition de ce BCMF. Nous sommes environ 800 dont quelques Belges et Suisses. 120 ont opté (comme moi) pour le circuit « découverte ». En principe je devrais parcourir 118 km avec un dénivelé positif de 1800m. En réalité, une coulée de boue a obligé les organisateurs à modifier le parcours au dernier moment. J’aurai 125 km au compteur. Quant au dénivelé réel … mystère !

Le hasard fait que je pars avec le club de « la Chapelle-Thècle » (Saône et Loire). Nous quittons la ville par une voie verte de quelques kilomètres. Cette partie roulante permet à mes vieux muscles de s’échauffer avant d’affronter les ascensions. Ensuite, nous empruntons de superbes petites routes où se succèdent côtes et descentes, parfois parmi des vignes mais le plus souvent en forêt.

Après 1 h 30 de pédalage, une pancarte attire mon attention :
« Mettre tout à gauche dans 500m ».
Je constate que j’y suis déjà. J’attends la suite avec une certaine appréhension. A quelques hectomètres une autre pancarte apparaît sur le bas-côté :
« 18% pendant 200m ».
A 70 ans je passais. Mais avec l’âge la fréquence cardiaque max. autorisée diminue. Je me lance … et me retrouve vite « dans le rouge ». La dizaine de cyclos qui me précède ont tous descendu de leur machine et je les imite.

Nous prenons ensuite un vrai « bain d’arbres » en circulant en forêt, sur de belles petites routes sinueuses. Un régal ! Le temps est orageux et ces efforts répétés me font transpirer énormément. J’apprécie d’avoir prévu 2 bidons.

Le premier ravitaillement était prévu au kilomètre 45. Il nous faudra effectuer 10 km supplémentaires. Nous y arrivons enfin, devant une minuscule mairie d’un non moins minuscule village. Souvent victime d’hypoglycémie, je ne peux me contenter de ce qu’ils nous proposent. Je sors de mon petit sac à dos un bac plastique contenant des pâtes cuites avec du poulet et de la salade que je déguste, un peu à l’écart. Il me faut du temps et mes compagnons de route de la matinée partent bien avant moi. Je finirai sans doute seul mais je n’ai pas le choix. C’est alors que je constate que les bénévoles démontent tout. Je m’approche et demande des explications :

« Les services de la préfecture nous ont demandé de démonter tous les chapiteaux des points de ravitaillement et autres constructions installées sur le tracé en raison de l’alerte orange aux orages, pluie-grêle et coups de vent violents ».

Je repars seul et un peu inquiet. Alors que je suis dans une longue ascension en forêt, l’orage gronde fortement au-dessus de ma tête, phénomène très impressionnant en montagne. Au sommet j’ai la bonne surprise de retrouver mes compagnons de route du matin alors que la pluie fait son apparition. Dans la descente c’est l’enfer : les éclairs sont à la verticale de notre petit groupe et nous subissons un vrai déluge de grêle, peu rassurant sur une petite route sinueuse présentant un fort pourcentage. Après cette descente nous arrivons à un carrefour. Les flèches, collées sur la route, indiquent la droite mais les vélos des cyclos à l’arrêt sont dirigés vers la gauche : « C’est trop dur on rentre ! » me disent-ils. Je n’hésite pas longtemps. Je suis trempé et grelottant certes, mais je n’ai pas effectué ce long voyage pour abandonner.

Me voilà donc seul sous une pluie qui faiblit un peu et stoppe quelques minutes plus tard. Je pense : « ils vont sans doute regretter d’avoir abandonné ». Un moment difficile m’attend. Au carrefour situé à l’entrée de « Prémovel », je ne vois sur la route aucune flèche collée mais des petits confettis jaunes. La pluie et les voitures ont déchiqueté le papier. Quelle direction choisir ? Un coup d’œil sur la carte de route (détrempée) ne m’apprend rien car ils n’ont pas eu le temps de refaire ce document après la modification du parcours. Je téléphone donc au « contact » prévu. Une charmante voix féminine me donne les renseignements nécessaires.

C’est ainsi que 2 km plus loin je rejoins des participants. Ouf ! Puis c’est une longue ascension sur une superbe petite route forestière menant au « col de la Joux », point culminant du parcours. Le second ravitaillement a souffert de l’orage et il me faut patauger dans la boue pour faire pointer ma carte de route.

Sentant l’hypoglycémie proche (encore), j’ouvre mon sac à dos et me restaure copieusement afin de pouvoir parcourir les 35 derniers kilomètres agrémentés de quelques ascensions. Cet arrêt donne le temps à un groupe de cyclos d’arriver. Je me joins à eux quand ils partent. Parmi eux, un Francilien (Meudon) avec qui je bavarderai un peu. J’apprécie les qualités du capitaine de route de ce groupe qui n’hésitera à aucun moment sur le choix du parcours. Je me laisse guider. Ouf ! Plus de stress !

A l’arrivée je fais tamponner ma carte de route et repars de suite.

J’attendais cette journée depuis des mois. Je suis tellement heureux que je ne sens pas le froid. Je serai surpris le lendemain de constater que les sièges de la voiture sont mouillés.

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